Michael Praetorius
 Bibliographie et sites Internet à consulter :
- Dictionnaire de la Musique (2 volumes), les Hommes et leurs Oeuvres, Collection Marc Honegger, éd. Bordas, Paris, 1993.
- Dictionnaire de la Musique, dirigé par Marc Vignal, ouvrage de 923 pages, éd. Larousse, Paris, 2005.
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Praetorius (site sur Praetorius ),
- http://www.michael-praetorius.de/Frame2.html (idem),
- http://www.delcamp.net/auteurs/fr/1_renaissance/praetorius_fr.html (idem),
- http://de.wikipedia.org/wiki/Syntagma_musicum (idem),
- http://www.lib.rochester.edu/index.cfm?page=2470 (idem),
- http://www.musikbmv.de/bmv_fr.htm (site relatif à l'église de Wolfenbüttel ),
- http://de.wikipedia.org/wiki/Wolfenb%C3%BCttel (idem),
- http://www.propstei-wf.de/index.php?id=19 (idem),
- http://www.schuke-berlin.de/ (site du facteur Karl Schuke , lequel a restauré l'orgue de Wolfenbüttel ).
- http://www.raymond-faure.com/Wolfenbuettel/Wolfenbuettel_BMV/wolfenbuettel-BMV-orgel.html (belle galerie de photos de l'orgue de Wolfenbüttel ).
Michael PRAETORIUS est né vers 1571 (à Creuzburg an der Werra ) et décédé à Wolfenbüttel en 1621 . C'est donc un musicien important de la Renaissance allemande . Il fut compositeur, organiste, théoricien de la musique et laissa, notamment, des écrits importants sur les instruments de son époque et sur leur facture. Il étudia à Francfort-sur-l'Oder, où il exerça déjà la fonction d'organiste. Il fréquenta également les Ecoles de Torgau et de Zerbst (études de la théologie, de la philosophie).
Il fut ensuite organiste à Gröningen et enfin à Wolfenbüttel (dans cette dernière ville, à partir, semble-t-il de 1593). Il participa à la construction de l' orgue Renaissance de l'église Beatae Mariae Virginis de Wolfenbüttel , par le facteur Gottfried Fritzsche de Dresde (la façade de cet orgue magnifique est d'origine encore actuellement et date de 1619 à 1623). Cet instrument subit, malheureusement, de nombreuses transformations, notamment, au 19ème siècle. C'est le facteur berlinois Karl Schuke qui le reconstitua en 1986 , sur la base de 6 jeux originaux, et sur la base des archives et écrits disponibles. Cette restauration est remarquable (orgue actuel : 53 jeux sur 4 claviers et pédalier).
Praetorius fut un conseiller musical écouté dans de nombreux lieux d'Allemagne, tout en étant Maître de Chapelle du Duc de Braunschweig et Lüneburg, dès 1604. Il fut aussi conseiller de la Maison de Saxe à Dresde. A la mort du Duc Heinrich Julius, en 1613, Praetorius dirige la Chapelle de Dresde encore pendant 3 ans. En 1618, il est à nouveau au service de la Cour de Magdeburg. Il a établi des liens avec des musiciens importants de son époque, tels que S. Scheidt ou H. Schütz. On signale également sa présence à Kassel, Leipzig, Nuremberg.
Ses principales oeuvres : hymnes , psaumes , motets dans 9 volumes des Musae Sioniae (de 1605 à 1610 env.). Des motets de 4 à 16 voix dans Motectae et Psalmi (1607). La Missodia sionia (5 à 8 voix, 1613). Hymnodia sionia (5 à 8 voix, 1611). Kleine und Grosse Litaney (5 - 8 voix, 1613). Terpsichore (4-6 voix, 1612). Musique profane : Calliope, Thalia, Erato, Diana Teutonica, das Regensburgische Echo (Echo de Ratisbonne) : ces 6 derniers recueils contiennent des danses et des chansons polyphoniques (l'ensemble étant regroupé sous le nom de Musa aonia = musique profane). Polyhymnia caduceatrix et panegyrica (musique à une à 21 voix avec basse continue, 1619). Polyhymnia exercicatrix (2 - 8 voix avec basse continue, 1619). Praetorius a aussi publié Bericht wass Beyuberliefferung einer Orgel zu observieren ("rapport concernant ce qu'il faut surveiller et observer lors de la commande et livraison d'un orgue"). On a aussi relevé des compositions diverses comme des Toccaten und Canzonen mit 5 Stimmen pour orgue. L'ouvrage didactique important de Praetorius est le Syntagma Musicum en 3 volumes. Praetorius a vécu une époque où de profondes mutations s'opéraient dans le domaine musical. Il a étudié ces mutations et a tenté de les intégrer dans la musique d'église allemande, fondée en grande partie sur le Choral à cette époque. Praetorius a introduit le Madrigal dans le style du Motet chanté . Il est l'un des premiers, sinon le premier, à mettre en évidence une mélodie principale, sans modification, mêlée aux autres voix faites de motifs tirés de cette mélodie principale. Dans le Traité de l'Orgue, resté à l'état de manuscrit, Praetorius expose des principes de facture d'orgues de son époque, celle de la Renaissance. Dans un volume, Organographia , il présente la nomenclature, caractéristiques et description des instruments connus de lui (passé et présent). Cet ouvrage est un véritable compendium de facture instrumentale.
Praetorius est donc une figure considérable de la fin du 16ème siècle et du début du 17ème. Non seulement il a mis, dans ses compositions, le style de la Renaissance et de ses influences, mais il a aussi réalisé une sorte d'inventaire des instruments de son époque.
Comme théoricien de la facture instrumentale, il a collaboré, notamment, à la construction de l' orgue Renaissance de l'église Beatae Mariae Virginis de Wolfenbüttel , comme indiqué plus haut dans ce texte (vers 1619 à 1623 ). Wolfenbüttel est une ville allemande située à 60 km de Magdeburg et à environ 90 km de Lüneburg.
Composition actuelle (reconstitution par K. Schuke) de l'orgue ci-dessus :
Clavier 1 (Positif de dos) avec Quintadena 16' (jeu d'origine), Principal 8', Gedackt (Bourdon) 8' (jeu d'origine), Oktave 4' (jeu d'origine), Spitzgedackt 4' (jeu d'origine), Feldpfeife (Flûte champêtre) 2', Quinte 1 1/3', Sesquialtera 2r, Oberton 2r, Scharff (Mixture aiguë) 5-7r, Dulcian 16', Schalmei (Chalumeau) 8', Tremulant.
Clavier 2 (Grand Orgue) avec Principal 16', Oktave 8', Spitzflöte 8' (jeu d'origine), Oktave 4', Koppelflöte 4', Nassat 2 2/3', Oktave 2', Cornett 3-5r, Mixtur 6-8r, Scharff 4r, Trompete 16', Trompete 8'.
Clavier 3 (Brustwerk) avec Gedackt 8', Rohrflöte (Flûte à cheminée) 4', Principal 2', Oktave 1', Terzian 2r, Scharff (Mixture aiguë) 4r, Vox Humana 8', Holzregal (Régale en bois) 4', Tremulant.
Clavier 4 (Kronwerk) avec Quintadena 8', Nachthorn (Cor de nuit) 4', Blockflöte 2', Nassat 1 1/3', Rauschwerk 4r, Cymbel (Cymbale) 3r, Bärpfeife 16', Trichterregal (gande Régale) 8', Tremulant.
Pédalier avec Principal 16', Untersatz 16', Pommer 4', Bauernflöte (Flûte champêtre) 2', Posaune (Tombone) 16', Trompete 8', Oktave 8', Gedacktbass 8' (jeu d'origine), Oktave 4', Bassaliquot 4r, Mixtur 6-8r, Trompete 4', Sing. Cornett (Cornet "chantant") 2'.
Les 6 jeux d'origine datent de 1624. Il y 2 Zimbelsterne au Positif. Traction mécanique des notes et électrique des registres. 32 combinaisons libres. [ Explications de jeux : Oberton = jeu de "Chorus" pouvant contenir le 1', le 3 1/5', le 5 1/3' ou le 1 7/9'. Le Rauschwerk (serait synonyme de Rauschpfeife ou Rauschquinte), contient au moins 2' + 1 1/3'. Bärpfeife est une anche proche de la Régale ou de la Vox Humana. Bassaliquot = serait une mixture pouvant contenir 8', 5 1/3', 4 4/7', 3 5/9'... ] Ces explications ne sont que des tentatives basées sur les sites Internet spécialisés sur la question.
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