Johann-Jakob Froberger, compositeur allemand
Ouvrages et sites Internet consultés :
- Dictionnaire de la Musique, dirigé par Marc Vignal (ouvrage de 923 pages), éd. Larousse, Paris, 2005.
- Dictionnaire de la Musique, les Hommes et leurs Oeuvres, Collection Marc Honegger, 2 volumes, éd. Bordas, Paris, 1993.
- Histoire de la Musique, par Marie-Claire Beltrando-Patier, éd. Bordas, Paris, 2004.
- https://www.musicologie.org/Biographies/f/froberger_johann_jakob.html (article sur Froberger ),
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Jakob_Froberger (idem),
- https://www.youtube.com/watch?v=b6HIw0cDtFM (pièce de clavecin de Froberger par B. Verlet: Tombeau. Superbe !),
- http://www.hoasm.org/VIB/Froberger.html (idem),
- https://www.stiftskirche.de/ (pages sur la Stiftskirche de Stuttgart ),
- photo de l'orgue: voir ici avec la composition des jeux,
- https://orgelbau-muehleisen.de/en/ (site du facteur du grand orgue actuel de la Stiftskirche de Stuttgart ),
- lien pour l'architecture actuelle de la Stiftskirche à Stuttgart (photos agrandissables de l'ancien orgue et de l'orgue actuel): cliquer ici , transformations avec l'arrivée du nouvel orgue,
- rubrique sur la Stiftskirche et ses orgues actuels: cliquer ici (avec compositions), la construction de cet édifice remonte au 14ème siècle,
- le facteur Walcker: https://walcker.com/ et son orgue en la Stiftskirche avant sa destruction: cliquer ici ,
- deux Sarabandes de Froberger au clavecin: cliquer ici et aussi ici ,
- musique de Froberger à l'épinette (par l'auteur du site): cliquer ici .
- composition de l'orgue actuel (Mühleisen) en la Stiftskirche: voir ici,
- Stuttgart, Deutschland (Baden-Württemberg) - Evangelische Stiftskirche, orgue Walcker & Cie, 1839, détruit en 1944: voir ici,
- l'orgue Mühleisen de cette église (2004): voir ici (photos et une vidéo),
- l'orgue de choeur Weigle-Orgelbau, 1953, dans cette église: voir ici (2 photos).
- https://www.youtube.com/watch?v=r3FKW-QqUKs [Froberger joué à l'orgue de Saint-Guilhem-le Désert (Occitanie France)].
- Froberger, Suite XVIII pour le clavecin (Gustav Leonhardt): écouter ici.
Johann Jakob FROBERGER , musicien et compositeur pour l'orgue au 17ème siècle , en Allemagne, est né à Stuttgart en 1616 et décédé subitement au château d'Héricourt , près de Montbéliard (F), en 1667 . Ce compositeur est l'une des figures marquantes de la musique d'orgue et de clavecin au 17ème siècle en Allemagne et en Europe. Peu de compositeurs de cette époque ont autant voyagé que Froberger ! Le père de Johann Jakob fut Maître de chapelle à la Cour de Stuttgart. Johann Jakob Froberger fut quelques mois organiste à la Cour de Vienne , vers 1637. Il part ensuite en Italie étudier l'orgue et sa musique auprès du célèbre Frescobaldi , à Rome. Il revient à Vienne en 1641 et reprend ses fonctions d'organiste à la Cour de Vienne.
Toutefois, l'envie de voyager est forte. Il parcourt l'Europe de 1645 à 1653, puis à nouveau depuis 1657. Il se met au service de l'Archiduc Léopold à Bruxelles, vers 1650. En 1652, il effectue un voyage à Paris où un important concert est donné en son honneur à l'église des Jacobins. Froberger, grâce à ses voyages nombreux et à ses études auprès des plus grands compositeurs de l'époque, notamment Frescobaldi (Italie) et ses contemporains français du 17ème siècle, est l'initiateur et le promoteur du " mouvement des goûts réunis " qui fut si cher à Fr. Couperin , au 18ème s. La musique de Froberger influença également de manière importante des compositeurs comme J.S. Bach et Haendel . Les " goûts réunis ", c'est une manière d'écrire la musique pour clavier en associant des éléments stylistiques allemands, italiens, français et anglais. La majorité de ses compositions sont destinées au clavier (orgue, clavecin). Il composa des toccate , ricercari , fantaisies , suites , etc pour le ou les claviers. Froberger termina sa vie au service de la duchesse Sibylla de Wurtemberg, ce qui explique sa présence au château d'Héricourt et dans la région de Montbéliard, en 1667, à son décès. Ses oeuvres ne furent pas éditées de son vivant, sauf la Fantaisie sur l'Hexacorde [ * ] (édition à Rome, en 1650, par A. Kircher). Une autre de ses pièces figure dans le recueil Fugues et Caprices de Roberday (en 1660). L'essentiel des oeuvres de Froberger sera publié à Mayence, en 1695, sous le titre : Diverse ingegnosissime, rarissime et non maj piu viste curiose Partite (1693) et Diverse curiose e rarissime partite (1695). Il existent encore des manuscrits qui prouvent l'intérêt que les contemporains de Froberger portaient à son oeuvre.
Parmi les compositeurs qui exercèrent une nette influence sur Froberger, il faut citer le claveciniste français Jacques Champion de Chambonnières (1601 ou 1611 [?] à 1672). Il était fils et petit-fils d'organistes. A 11 ans, Chambonnières devint joueur d'épinette à la Chambre du Roi, puis organiste à la chapelle royale. Le clavecin fut assez rapidement son instrument de prédilection, plus riche et plus contrasté que le luth. Chambonnières est, selon les critiques, le fondateur d'une authentique Ecole de Clavecin française . A la mort de son père, il obtint le poste de Claveciniste du Roi, titre qu'il garda jusqu'à sa mort, malgré une période de disgrâce (exil aux Pays-Bas de 1656 à 1662). Il meurt à Paris en 1672 deux ans après la publication de ses deux livres de Clavecin. La rencontre entre Chambonnières et Froberger eut lieu en France en 1652.
Oeuvres rééditées : Oeuvres complètes pour clavier , éditées par G. Adler. Oeuvres choisises publiées par Farrenc dans Le Trésor des Pianistes, Paris 1866. Des pièces d'orgue furent rééditées à Kassel en 1951. Les oeuvres complètes pour clavier reparaissent en 1979, et en 1992. Ces oeuvres pour orgue et clavecin comprennent des toccate , caprices , ricercari , fantaisies , suites et fragments de suites .
( [ * ] L'hexacorde désigne, en contrepoint, un polycorde (ensemble de plusieurs notes) de 6 notes conjointes, par exemple : do, ré, mi, fa, sol, la ) .
Ecrire sur la vie de Froberger est pour nous l'occasion de présenter un grand orgue en la Stiftskirche de Stuttgart , sa ville natale. Un premier orgue est signalé en cette Stiftskirche en 1381 ! D'autres instruments suivirent en 1621, en 1668. En 1807, il y avait un grand instrument de 64 jeux, d'abord placé dans le choeur de l'église où il ne s'encastrait juste pas (mesurant 15 m de large contre 11 m pour la largeur du choeur !). C'est le facteur Eberhard Friedrich Walcker qui le plaça en tribune à l'ouest en le portant à 80 jeux. En 1944, cet orgue Walcker, véritable légende de la facture allemande, fut pratiquement complètement détruit par les bombardements. Un nouveau " Walcker " de 86 jeux fut reconstruit après la reconstruction de l'église. Un orgue du facteur allemand Konrad Mühleisen - Orgelbau , GmbH / Leonberg est venu remplacer le grand Walcker en 2004 . Des dons pour une valeur de 866'000.- euros ont pu financer ce projet superbe d'un coût de 1,7 millons d'euros. La Stiftskirche de Stuttgart fut commencée en 1170 et plus de 100 membres de la noble Maison de Wurtemberg furent inhumés dans ce sanctuaire. Après de longs travaux de restauration et de reconstruction, cette église fut à nouveau ouverte en juillet 2003.
Composition de l'orgue K. Mühleisen ci-dessus , en la ville natale de Froberger :
Clavier 1 (Positif de dos) avec Principal 8', Bifara 8', Gedeckt (Bourdon) 8', Quintade (jeu de 8' avec mise en évidence de la Quinte) 8', Oktave 4', Rohrflöte (Flûte à cheminée) 4', Sesquialtera 2r, Oktave 2', Flöte 2', Quinte 1 1/3', Scharff (Mixture aiguë) 4r, Fagott (Basson) 16', Trompete 8', Krummhorn (Cromorne) 8', Zimbelstern à 8 cloches, Carillon (Glockenspiel) avec Sourdine enclenchable, Tremulant.
Clavier 2 (Grand-Orgue) avec Principal 16', Bordun (Bourdon) 16', Principal 8', Flûte harmonique 8', Gemshorn (Cor de chamois) 8', Rohrflöte 8', Viola da Gamba 8', Oktave 4', Mixtur major 4r, Mixtur minor 5r, Cornett (à partir de g°) 5r, Trompete 16', Trompete 8', Chamade 8'.
Clavier 3 (Récit expressif) avec Salicional 8', Principal 8', Concertflöte 8', Salicional 8', Unda Maris à partir de c°, Bourdon 8', Principal 4', Traversflöte 4', Nasard 2 2/3', Waldflöte (Flûte champêtre) 2', Terz (Tierce) 1 3/5', Septime 1 1/7', Piccolo 1', Mixtur 4r, Trompete 8', Clarinette expressive 8', Vox Humana 8', Glocken (Cloches) de G - g1, Tremulant.
Clavier 4 (autre Récit) avec Lieblich Gedeckt (Bourdon aimable) 16', Geigenprincipal (Violon Principal) 8', Holzflöte (Flûte en bois) 8', Lieblich Gedeckt 8', Gamba 8', Aeoline 8', Vox coelestis 8', Principal 4', Fugara 4', Flûte octaviante 4', Flautino 2', Progression harmonica (Mixture progressive) 3-5r, Tuba 16', Trompette harmonique 8', Oboe 8', Clairon 4', Tremulant.
Pédalier = Principal 32', Grand Bourdon 32', Principal 16', Subbass 16', Offenbass (Basse ouverte) 16', Harmonikabass 16', Octavbass 8', Bourdon 8', Violoncell 8', Quinte 5 1/3', Choralbass 4', Hintersatz 4r, Kontraposaune (Contre-Trombone) 32', Posaune 16', Fagott 16', Trompete 8', Clarine 4'.
Traction mécanique des notes et accouplements mécaniques, et électrique pour le 4ème clavier. Registres à traction double, mécanique et électrique. Combinateur électronique. Accouplements : I/II, III/II, IV/II, III/I, IV/I, IV/III, I/P, II/P, III/P, IV/P, IV/IV 4', IV/IV 16', IV/III 16', IV/II 16', III/III 16', IV/P 4'.
[ Bifara : souvent synonyme du jeu Piffaro , donc constitué de tuyaux de 8' avec 2 bouches superposées produisant un effet "céleste" ou ondulant ].
En rubrique attenante de cette page, nous donnons 2 illustrations de la Stiftskirche de Suttgart et de son Grand Orgue. Cliquer sur les images pour les agrandir. [Crédit: //de.wikipedia.org/ et www.orgelbau-muehleisen.de/ ].
Rubrique mise à jour en juin 2023.
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